Matières résiduelles

En 2002, la MRC déclare compétence par rapport à la gestion des matières résiduelles sur le territoire des onze municipalités locales. Depuis, la MRC a compétence pour la collecte, le transport et le traitement des déchets domestiques, des matières recyclables et des matières organiques. Des initiatives locales complètent le service offert par la MRC. Les municipalités organisent, par exemple, des collectes de branches et de sapins et offrent également des points de dépôt pour recueillir diverses matières valorisables. Le niveau de service et le nombre de matières acceptées varient d’une municipalité à l’autre.

Tableau_1_risques_contraintes_anthro

Pour l’année 2014, la génération de matières résiduelles produites par les résidents de la MRC de Roussillon est de 78 742 tonnes métriques, ce qui équivaut à une génération de 467 kg par habitant. De ce nombre, 15 240 tonnes métriques (19,4%) ont été récupérées par la collecte des matières recyclables et 54 059 tonnes métriques (68,7%) ont été éliminées. Les 9 443 tonnes métriques (11,9%) restantes furent collectées dans le cadre d’autres initiatives. Depuis 2010, la génération de matières résiduelles par habitant a diminué de 11kg. La proportion de matières recyclables par rapport aux déchets enfouis est restée stable. Toutefois, le taux d’enfouissement a diminué notamment en raison de l’augmentation des matières récupérées lors des collectes d’automne et des lieux de dépôt des municipalités (écocentre). La MRC de Roussillon récupère une proportion de matières recyclables semblable à la moyenne de la CMM, mais peut faire mieux en ce qui concerne le détournement à l’enfouissement notamment au niveau des matières organiques.

Le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de la CMM identifie les équipements existants reliés à la gestion des matières résiduelles. Sur le territoire de la MRC, il existe deux sites de traitement des résidus de construction, rénovation et démolition, un centre de tri des matières recyclables, cinq lieux de traitement d’autres matières et onze centres de récupération d’autres matières. De plus, près d’une quinzaine de ressourceries (avec ou sans but lucratif) existent sur le territoire de la MRC. Il s’agit d’endroits destinés à accueillir les biens de seconde main destinés à la revente à bas prix ou au réemploi.

Aucun lieu d’enfouissement technique n’est en activité sur le territoire de la MRC de Roussillon. Depuis 2006, la situation a peu changé en ce qui concerne la destination des matières éliminées. La totalité de ces matières est enfouie au lieu d’enfouissement technique de Terrebonne (secteur Lachenaie). Ce site accueille 47% des matières éliminées générées par les habitants la CMM. D’autre part, deux entreprises de la MRC procèdent principalement à l’élimination de matières résiduelles de construction, rénovation et démolition.

La plupart des municipalités locales mettent à la disposition de leurs citoyens des lieux de collectes aménagés et sous surveillance destinés à accueillir certains résidus, tels que les matériaux de construction et les résidus domestiques dangereux en vue de leur mise en valeur.
Il existe neuf sites pour le recyclage et la récupération liés à l’automobile dans la MRC. Ces sites peuvent générer plusieurs types de nuisances : bruit, circulation, poussière et pollution visuelle. Ils sont également susceptibles de devenir d’importants sites contaminés. Pour ces motifs, les cimetières d’automobiles et les sites de récupération de pièces automobiles doivent être localisés loin des zones habitées et des secteurs commerciaux ou industriels de prestige. De plus, en vertu de la base de données provenant du Règlement sur les urgences environnementales (DORS/2003-307) édicté en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, il y a dix lieux de transfert, d’entreposage et de traitement des substances dangereuses. Les établissements qui entreposent des matières dangereuses sont des lieux où il y a un stockage important d’une substance inflammable, explosive ou toxique (radioactive, corrosive, gazeuse, etc.). Les principales contraintes associées à leur présence sont liées à la sécurité publique.

Finalement, cinq types de produits sont visés par la responsabilité élargie des producteurs en vertu du Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises. Il s’agit :

• du matériel électronique;
• des piles et batteries;
• des lampes au mercure;
• des peintures et leurs contenants;
• des huiles, liquides de refroidissement, antigels, leurs filtres, leurs contenants et d’autres produits assimilables.

La responsabilité de la gestion des matières résiduelles engendrées par la consommation de ces produits est transférée aux entreprises qui sont à l’origine de leur mise en marché sur le territoire.

En ce qui a trait à la gestion des boues d’épuration, en 2014, la station d’épuration des eaux usées municipales de la Régie d’assainissement des eaux du bassin de La Prairie (municipalités de Candiac, Delson, La Prairie, Sainte-Catherine et Saint-Constant) a généré plus de 23 980 tonnes métriques de matières sèches. De ces tonnes générées, près de 50% a été valorisé dont 84% par valorisation agricole. La station d’épuration des eaux usées de Châteauguay a généré, en 2012, 2 250 tonnes métriques. Les autres stations d’épuration de la MRC (localisées à Léry, Mercier, Saint-Isidore et Saint-Philippe) ont un système d’étang aéré assez récent faisant en sorte qu’elles n’ont pas encore eu à en faire la vidange. Enfin, près de 3000 fosses septiques de résidences n’étant pas reliées à une station d’épuration génèrent également une quantité importante de boues par année. Ces dernières ne sont cependant pas compilées.

Qualité de l’air

Selon les différentes instances de santé publique au Québec, il est important de s’occuper des impacts du transport routier sur la santé publique. La présence de substances toxiques dans l’air comme l’ozone troposphérique et des particules fines à proximité des artères routières ainsi que le dioxyde d’azote (NO2) a des effets préoccupants à court et à long terme sur la santé publique, surtout pour les groupes les plus vulnérables, comme les personnes âgées de plus de 60 ans et les enfants d’âge scolaire. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de données sur la qualité de l’air en bordure des grands axes routiers de la Montérégie.

Risques associés aux incidents climatiques

Selon plusieurs experts, les incidents climatiques sont de plus en plus fréquents et pourraient devenir récurrents dans les prochaines années. En fait, ce sont les changements climatiques qui amplifient l’effet ainsi que l’ampleur et la fréquence des événements météorologiques. Ils auront sans aucun doute des impacts majeurs sur l’environnement et les activités humaines. C’est pourquoi il est important de tenir compte des risques associés aux changements climatiques dans la planification à l’échelle régionale.

La Communauté métropolitaine de Montréal cite les éléments suivants comme évènements susceptibles de se produire plus fréquemment :

• Des étés de plus en plus chauds contribuant à l’augmentation du nombre de jours de smog annuellement;
• Des périodes de chaleur intense plus fréquentes accentuant les effets des îlots de chaleur sur la santé publique;
• Des hivers plus doux augmentant le nombre de périodes de gel et de dégel et leurs effets, entre autres, sur les infrastructures et éliminant les réserves d’eau au sol pour l’alimentation des cours d’eau et des lacs au printemps;
• Un plus grand nombre de tempêtes avec grands vents et des précipitations intenses sur une courte période de temps ayant des impacts sur la structure des immeubles ainsi que sur les infrastructures de transport et d’élimination des eaux de surface;
• Des précipitations non régulières, notamment, des périodes sans pluie prolongées accentuant les problèmes de niveau d’eau des voies navigables ainsi que l’alimentation en eau potable (prises d’eau au fleuve et à ses affluents).

Les dernières années ont démontré que la région n’est pas à l’abri des inondations, des glissements de terrain, de l’érosion accrue des berges et des épisodes de chaleur intense. Ces évènements sont susceptibles de se reproduire à nouveau et requièrent de la part de la MRC et de ses partenaires une vigilance face à l’émission des gaz à effet de serre, puisque ceux-ci en sont la principale cause.

Ainsi, plusieurs éléments mis en place dans la MRC favorisent une réduction des gaz à effet de serre et contribuent à minimiser l’impact des changements climatiques (l’augmentation des densités, améliorer l’accès au transport actif et collectif, la conservation des milieux humides, la conservation des boisés, etc.). Comme l’impact des changements climatiques dépasse les limites administratives et juridiques des municipalités, la MRC de Roussillon souhaite réagir avant que la situation ne s’aggrave.

En 2012, le Centre d’enseignement et de recherche en foresterie de Sainte-Foy et l’Université de Sherbrooke ont réalisé une étude pour cartographier les îlots de chaleur dans les centres urbains de plus de 400 habitants/km2 du Québec. Cette étude démontre d’importants îlots de chaleur sur le territoire de la MRC de Roussillon. Les plus importants se situent dans les parcs industriels (La Prairie, Candiac, Delson, Sainte-Catherine, Châteauguay), le long des artères à forte concentration commerciale (Taschereau, 132, St-Pierre, St-Laurent, St-Jean-Baptiste et Anjou) et des autoroutes (nouvelle autoroute 30). En fait, ces secteurs sont caractérisés par l’absence de végétation et d’importantes surfaces construites.

Terrains et les sites aquatiques contaminés

Selon le Système de gestion des terrains contaminés, mis à jour depuis 1984 par le ministère de l’Environnement du Québec, il existe 150 terrains contaminés dans la MRC de Roussillon. Depuis 25 ans, plus de 50 terrains contaminés ont été réhabilités. La réhabilitation des terrains dans la MRC de Roussillon s’échelonne assez équitablement dans le temps, soit environ une dizaine de terrains par quinquennal. Parmi ces terrains, 53% ont été décontaminé jusqu’à la limite maximale acceptable pour des terrains à vocation commerciale ou industrielle alors que 33% ont été décontaminé jusqu’à la limite maximale acceptable pour des terrains à vocation résidentielle, récréative et institutionnelle. Enfin, pour les autres terrains, les critères de réhabilitation ne sont pas connus.

En ce qui a trait aux sites aquatiques contaminés, les principales sources de pollution proviennent des rejets de diverses natures (mercure, cuivre, plomb, zinc, huile, graisse, engrais et pesticides, etc.) générés par les activités industrielles et agricoles. Historiquement, le lac Saint-Louis, par l’intermédiaire de la rivière Châteauguay, ainsi que le petit bassin de La Prairie étaient touchés par ces contaminants.

Risques associés aux infrastructures et aux activités industrielles

Les risques que représentent certaines infrastructures ou activités sont des menaces sérieuses à la sécurité des personnes et des biens et ils constituent ainsi des contraintes très importantes à l’occupation du sol qui doivent être prises en compte par la MRC. Il s’agit notamment d’infrastructures et d’équipements routiers, ferroviaires, de transport maritime, électriques, de distribution de gaz et de pétrole, en plus de l’activité industrielle, minière et d’extraction. Certaines activités sont déconseillées à proximité de ces infrastructures puisque les nuisances générées (comme le bruit, la pollution de l’air, la vibration, les poussières, les ondes électromagnétiques et autres risques) peuvent affecter la qualité de vie de la population située à proximité.

Tableau2_risques_contraintes_anthropiques