Cadre bâti

Bien que la MRC de Roussillon soit reconnue comme une banlieue pavillonnaire typique avec une grande concentration de maisons unifamiliales isolées (67,2% en 2011), les tendances récentes en matière d’habitation démontrent clairement une augmentation dans la production de logements multifamiliaux (jumelée, en rangée et appartement) et à l’inverse une diminution de la part de marché des résidences unifamiliales isolées. Notons que depuis 2010, le nombre de mises en chantier résidentielles ne cesse de diminuer, et que la croissance urbaine dans la MRC varie grandement selon les municipalités; le nombre moyen de mises en chantier annuelles entre 2005 et 2014 est plus faible à Léry (4), Saint-Isidore (7) et Saint-Mathieu (9), et plus élevé à Candiac (216) et Châteauguay (288).

La popularité du territoire se traduit toutefois en une pression grandissante sur les espaces à vocation résidentielle et économique. Les projections démographiques pour 2031 portent à croire que le taux de croissance va demeurer élevé. Lors d’une enquête réalisée auprès des municipalités locales en 2015, on a constaté que 711 hectares de terrain sans contrainte naturelle pourraient être disponibles pour des fins de développement résidentiel à l’intérieur des périmètres d’urbanisation. De plus, selon une enquête réalisée par la CMM et mise à jour par la MRC en 2015, près de 416 hectares pourraient théoriquement être redéveloppés ou requalifiés au sein du territoire de la MRC; dont une partie à des fins résidentielles. Si 25% de ces 416 hectares sont redéveloppés d’ici 2031, la MRC de Roussillon pourrait accueillir la totalité des 17 506 nouveaux ménages prévus.

Le parc de logements de la MRC est de bonne qualité sur plusieurs aspects. Il est majoritairement constitué de grands logements récents, avec une moyenne de 6,7 pièces par logement, ce qui est supérieur à la moyenne québécoise. Il y a une grande satisfaction des ménages envers leur logement. En 2011, 79,4% des Roussillonnais étaient propriétaires de leur habitation, contrairement à 54% pour la Région métropolitaine de recensement (RMR). Dans l’ensemble, le cadre bâti de la MRC ne nécessite pas de rénovation majeure, exception faite de certains secteurs situés dans les noyaux villageois plus anciens.

Depuis quinze ans, la valeur des logements dans la grande région de Montréal et dans la MRC de Roussillon a connu une importante augmentation (31 % pour la RMR et 36 % pour la MRC depuis 2006, portant la valeur moyenne à 260 952$ dans Roussillon).Le loyer moyen des appartements d’initiatives privées a également augmenté ces dernières années, mais demeure dans la moyenne du grand Montréal.

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Les ménages de la MRC consacrent une plus grande part de leur revenu qu’avant pour leur logement, et ce, autant chez les ménages locataires que chez les ménages propriétaires. Ainsi, en 2011, 17,6% des ménages de la MRC consacraient plus de 30% de leur revenu pour se loger, une proportion qui a légèrement augmenté depuis 2006 (16,4%). Finalement, la MRC de Roussillon celle des couronnes nord et sud, qui accueille le plus de logements sociaux, soit 1121 unités, réparties inégalement à travers le territoire. Certaines municipalités locales fournissent des efforts afin d’augmenter l’offre de logements sociaux pour répondre aux besoins non comblés.

D’autre part, bien que le cadre bâti soit majoritairement constitué de bâtiments résidentiels, les bâtiments commerciaux et industriels sont également en croissance et constituent une part importante de l’assiette fiscale des municipalités. Les données de 2014 du CLD de Roussillon indiquent la présence de 377 hectares disponibles à l’intérieur des parcs industriels, dont un peu plus de 321 sont affectés par des contraintes de développement.

Infrastructures routières

La MRC de Roussillon est sillonnée par plusieurs autoroutes (15, 30, 730 et 930) et routes nationales (104, 132, 134, 138). Le réseau autoroutier de la MRC de Roussillon est également muni de plusieurs entrées et sorties autoroutières permettant de donner accès aux différentes parties du territoire. Le parachèvement de l’autoroute 30 reliant Sorel-Tracy et Vaudreuil-Dorion, les deux extrémités de la Montérégie, a entraîné des changements dans les habitudes de déplacement des Roussillonnais, allégeant ainsi la circulation sur des axes comme la 132. En ce qui a trait à la sécurité, notons qu’entre 1998-2000 et 2006-2007, le nombre total d’accidents sur le territoire de Roussillon a diminué de 9%.

Réseau de transport actif

Sur le réseau local, plusieurs liens cyclables intermunicipaux sont existants; la MRC compte actuellement près de 172 km de voies cyclables, soit une augmentation de plus de 100 km depuis 2005. Trois des quatre gares de train de banlieue sont accessibles directement par le réseau cyclable. Dans le secteur est de la MRC, la plupart des municipalités sont reliées entre elles sauf la municipalité de Saint-Mathieu. Dans le secteur ouest de la MRC, il n’existe pas de lien intermunicipal.

Équipement et infrastructure de transport collectif et adapté

Si aucun service de transport collectif urbain (société de transport) ne dessert le territoire de la MRC de Roussillon, les résidents ont la possibilité d’utiliser 55 circuits d’autobus, 33 taxis bus, une ligne de train de banlieue comprenant quatre gares et cinq stationnements incitatifs. Deux organismes offrent des services de transport adapté et desservent ainsi la presque totalité des municipalités de la MRC. Seuls les résidents de Saint-Isidore n’ont pas accès à ce type de service. Les déplacements vers différents arrêts sur l’île de Montréal sont offerts par les quatre conseils intermunicipaux de transport (CIT) présents sur le territoire. L’achalandage annuel dans trois des quatre CIT (Haut-Saint-Laurent, Richelain et Roussillon) desservant le territoire est en forte augmentation depuis 2008 (respectivement près de 25%, 37% et 57%).

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Autres équipements et infrastructures

Plus de 70 km de voies ferrées en opération, appartenant à trois compagnies de chemin de fer, sillonnent le territoire de la MRC de Roussillon. Toutefois, à l’heure actuelle, la voie ferrée du réseau CSXT vers le Midwest et la Côte Est américaine, quoique pas considérée comme abandonnée, n’est pas utilisée puisque la voie est démantelée à plusieurs endroits. Notons que les lignes de train de banlieue utilisent les voies ferrées privées et dédiées au transport de marchandises, ce qui pose des restrictions quant au service de transport de passagers.

Le quai Baillargeon, en bordure de la voie maritime du Saint-Laurent à Sainte-Catherine, est accessible d’avril à décembre, et permet l’intermodalité maritime-rail, maritime-route et route-rail. En haute saison, plus de 800 camions par semaine y transitent uniquement pour livrer des marchandises, principalement à destination des communautés nordiques et des sociétés minières de l’Arctique canadien.

De plus, en matière de santé, l’ensemble de la population peut se prévaloir des services de plus d’une quinzaine d’installations, composées d’une trentaine d’immeubles (dont des centres de réadaptation, un centre de santé et de services sociaux, un centre d’hébergement et de soins de longue durée et un centre jeunesse) et d’une installation est d’intérêt métropolitain (le Centre hospitalier Anna-Laberge). Du côté de l’éducation, trois commissions scolaires regroupent 81 écoles, au niveau préscolaire et primaire, intermédiaire, secondaire, de formation aux adultes et de formation professionnelle. De plus, le territoire compte 25 CPE, 44 garderies et deux bureaux coordonnateurs pour les services de garde en milieu familial, pour un total de 6344 places.

Sur le territoire de la MRC de Roussillon, on retrouve 397 bâtiments relevant des gouvernements du Québec et du Canada. De plus, la présence d’équipements municipaux (tels que les hôtels de ville, immeubles de travaux publics, services incendie et de police) et leur accessibilité contribuent à la qualité de vie. L’ensemble des municipalités possède des équipements municipaux et chaque municipalité comprend au moins un parc. Quelques ententes intermunicipales permettent également le partage des ressources pour offrir le service d’incendie à la population. La MRC dispose également de 37 immeubles à vocation culturelle ou communautaire. Le niveau de services et le type d’équipements varient selon la taille des municipalités.

Dans la MRC de Roussillon, la desserte en ce qui a trait aux équipements et infrastructures d’aqueduc et d’égouts, de même qu’au réseau gazier, est globalement adéquate, ce qui fait en sorte que le territoire est accessible pour du développement démographique futur (à l’exception de la municipalité de Léry qui n’est pas complètement desservie par un réseau municipal d’aqueduc et d’égout).

Finalement, cinq équipements de sports et loisirs, culturelles et touristiques sont identifiés comme étant d’intérêt métropolitain par la CMM, c’est-à-dire qu’ils ont un impact sur la structuration du territoire et qu’ils offrent un service à l’ensemble du territoire métropolitain ou parce que leur rayonnement se mesure à l’échelle métropolitaine. Il s’agit du Sportium (Sainte-Catherine), du Centre multisport de Châteauguay, de la Salle Richard-Sauvageau (La Prairie), de l’Espace Rive-Sud (La Prairie) et d’Exporail (Saint-Constant). En plus de ces équipements d’intérêt métropolitain, notons la présence de huit pôles majeurs en termes récréatifs, naturel, historique et culturel au sein de la MRC ou à proximité (par exemple, l’Île Saint-Bernard et l’arrondissement historique du Vieux La Prairie), de même que de plusieurs pôles mineurs.