Le réseau hydrographique

Le réseau hydrographique de la MRC représente un milieu aquatique d’environ 600 kilomètres de cours d’eau et du double de rives. Le fleuve Saint-Laurent représente le grand collecteur de tout ce réseau. Six municipalités bordent sa rive sud (Léry, Châteauguay, Sainte-Catherine, Delson, Candiac et La Prairie) ce qui constitue un vaste territoire d’accès; les municipalités riveraines s’y alimentent également en eau potable. Le fleuve est une voie navigable encore fortement achalandée autant pour la navigation commerciale que de plaisance. Les principaux cours d’eau se déversant dans le fleuve Saint-Laurent sont les rivières Saint-Jacques, La Tortue, Saint-Régis, Suzanne, Châteauguay et le ruisseau Saint-Jean. D’autre part, à l’exception du lac Saint-Louis, il n’y a aucun lac naturel à l’intérieur du territoire de la MRC.

Le territoire de la MRC de Roussillon est constitué de deux bassins versants majeurs, ceux des rivières Châteauguay et Richelieu, et de plusieurs autres bassins de moindre importance se déversant directement dans le Saint-Laurent. Le bassin versant de la rivière Châteauguay représente 25 % du territoire de la MRC et le bassin versant de la rivière Richelieu représente 2 % du territoire. Le territoire compte deux organismes de gestion intégrée de l’eau par bassin versant qui veillent à améliorer la qualité de l’eau, soit la Société de conservation et d’aménagement du bassin versant de la rivière Châteauguay (SCABRIC) et le Comité de concertation et de valorisation du bassin de la rivière Richelieu (COVABAR). À noter que le réseau hydrographique constitué par les rivières Saint-Jacques, de la Tortue, Saint-Régis et Suzanne est dense et extensif, et a été fortement marqué par l’activité humaine. Les modifications telles les redressements, le drainage et les dragages ont été nombreux au fil des ans. En milieu agricole, le redressement des cours d’eau et l’installation d’un réseau de drainage sont omniprésents sur le territoire. Le drainage est également très important dans les milieux urbains où des réseaux d’égouts pluviaux transportent rapidement l’eau des précipitations vers les cours d’eau, les rivières ou le fleuve Saint-Laurent.

Il existe quelques études de l’aquifère régional des eaux souterraines de la MRC. La plus complète est celle de l’Atlas du bassin versant de la rivière Châteauguay, qui relève la présence de quelques zones vulnérables à la contamination. Les principales se retrouvent dans l’Esker de Mercier, près du parc Cambrai à Châteauguay et près des parcs industriels de Sainte-Catherine, Candiac et La Prairie. Quant au niveau de l’eau souterraine atteint dans un sondage ou un puits foré, il est peu profond, soit entre 21 à 30 mètres.

Au niveau de la qualité de l’eau, les seuils acceptables pour les rivières Saint-Jacques, de la Tortue, Saint-Régis et Châteauguay sont dépassés pour les critères suivants : phosphore total, chlorophylle, matières en suspension et coliformes fécaux. Les analyses de pesticides dans l’eau de surface démontrent que des pesticides sont également présents dans ces cours d’eau. Notamment, il a été constaté une augmentation des concentrations de pesticides dans la rivière Saint-Régis. De manière générale, la qualité de l’eau est très mauvaise dans les cours d’eau de la MRC de Roussillon.

Sur le territoire de la MRC, 11 accès publics au fleuve Saint-Laurent sont répertoriés en plus de cinq accès à la rivière Châteauguay. Un accès à la rivière Saint-Jacques est également présent sur le territoire de la Ville de Brossard et facilement accessible par le pont piéton et cyclable de La Prairie. Pour la navigation de plaisance, plusieurs accès publics permettent la mise à l’eau d’embarcations motorisées ou non. Il existe cinq marinas ou centres nautiques sur le territoire de la MRC (Châteauguay, Sainte-Catherine) pour l’entreposage et l’amarrage de bateaux à moteur. La navigation de plaisance est cependant problématique entre le lac Saint-Louis et le fleuve, car les petites embarcations doivent cohabiter avec les gros transporteurs.

Le couvert forestier

En 2011, la CMM effectuait un inventaire du couvert forestier pour l’ensemble de son territoire et évaluait le couvert forestier de la MRC à 3 235 hectares, ce qui représente 8,7 % du territoire. Cette proportion est largement inférieure à la proportion moyenne des agglomérations et MRC de la CMM qui est de 19 %. D’ailleurs, avec 8 % de couvert forestier, la MRC se situe sous le seuil de préservation de la biodiversité qui est généralement admis de 30 % de la surface d’un territoire.

Le couvert forestier est inégalement réparti sur le territoire et est très fragmenté. Au total, 189 massifs forestiers ont été identifiés en 2005 sur le territoire de la MRC de Roussillon. La grande majorité des massifs forestiers sont de moins de 15 ha (79 %). C’est à Saint-Philippe que l’on retrouve le plus grand nombre de massifs boisés, soit 44. De plus, 64 % des boisés se retrouvent en zone agricole, alors que 36 % se retrouvent à l’intérieur du périmètre urbain. L’évolution du couvert boisé est détaillée dans le tableau suivant :

Tableau1_capital_naturel

Il existe quatre écosystèmes forestiers exceptionnels (EFE) sur le territoire de la MRC de Roussillon. Ces EFE représentent des superficies de plus de 500 hectares et sont tous situés à l’intérieur du Corridor vert Châteauguay-Léry. Il s’agit de forêts rares, de par leur composition et structure, et de forêts refuges pour les espèces menacées et vulnérables. De plus, deux boisés (Châteauguay-Léry et La Prairie) sont particulièrement d’intérêt, puisqu’ils sont intégrés à des ensembles forestiers plus vastes assurant des déplacements migratoires de différentes espèces animales.

Ainsi, deux bois et un corridor forestier métropolitain identifiés par la CMM se trouvent sur le territoire de la MRC de Roussillon. Il s’agit des bois de Brossard-La Prairie, de Châteauguay-Léry et du corridor forestier de Léry Beauharnois. Il est à noter que le bois métropolitain de Châteauguay-Léry fait l’objet de démarches de conservation qui ont impliqué plusieurs acteurs.

Dans la MRC de Roussillon, 12 producteurs forestiers exploitent les ressources forestières de la région. Les superficies forestières enregistrées par ces producteurs sont de 160 hectares. La quasi-totalité de l’exploitation se fait dans les municipalités de Mercier et Saint-Mathieu. Les ressources forestières de la MRC sont sous exploitées, car seulement 2,2 % des superficies forestières productives sont sous aménagement. Finalement, la superficie totale des friches en zone verte dans la MRC de Roussillon correspond à 978 hectares soit 3,62% du territoire.

Les aires protégées et de conservation

Dans la MRC de Roussillon, il existe 21 aires protégées fédérale ou provinciale réparties dans les cinq catégories suivantes :

• habitat faunique (16);
• refuge faunique (1);
• refuge d’oiseaux migrateurs (2);
• réserve nationale de la faune (1);
• milieu naturel de conservation volontaire (1).

Depuis 2006, la MRC de Roussillon contribue à la préservation et à la conservation d’espaces naturels dont les potentiels écologiques sont très élevés. Ainsi, la MRC assure la protection dix secteurs de conservation régionale comportant d’importants potentiels fauniques et floristiques. Ils correspondent essentiellement aux sites d’intérêt faunique établis par le ministère de l’Environnement et de la Faune en 1994, aux principaux affluents et leurs bassins versants ainsi qu’aux bois d’intérêt régional et métropolitain.

En tenant compte des aires protégées gouvernementales et des territoires de conservation régionale, 19 % du territoire de la MRC possèdent une certaine forme de protection, dont 81 % du territoire aquatique et 7,3% du territoire terrestre. Le fort dynamisme des milieux urbain et agricole explique le peu de territoire protégé actuellement en milieu terrestre. Notons que la valeur environnementale du milieu aquatique mérite d’être reconnue en raison de sa fragilité, de son unicité et de sa représentativité du territoire.

Les milieux humides

La cartographie des milieux humides du grand Montréal, réalisée en 2010 par Canards illimité, identifie les milieux humides de plus de 0,3 hectare ainsi que leurs principales caractéristiques. Elle sert de référence pour l’élaboration des plans de conservation des milieux humides par les municipalités locales. Les milieux humides rendent de nombreux services écologiques essentiels notamment en ce qui a trait au contrôle des inondations, de la qualité de l’eau, de l’érosion des berges et la préservation de la biodiversité. Cette cartographie révèle la présence, sur le territoire de la MRC, de 798 milieux humides couvrant une superficie totale de 2100 hectares (incluant les milieux humides fluviaux) soit 5 % du territoire de la MRC de Roussillon. La majorité (66 %) de ces milieux humides correspond à des marécages, alors que d’autres classes présentes sont les marais, la prairie humide, l’eau peu profonde et la tourbière.

Les espèces menacées ou vulnérables

Seulement quelques parties du territoire de la MRC de Roussillon ont fait l’objet d’inventaires floristiques et fauniques. Par contre, plusieurs espèces floristiques et fauniques en péril sont présentes sur le territoire. Au total, le Centre de données sur le patrimoine naturel du Québec (CDPNQ) recense 20 espèces fauniques à statut précaire, dont 3 espèces menacées, 8 vulnérables et 9 susceptibles d’être désignées vulnérables ou menacées. De plus, 63 espèces floristiques à statut précaire ont été recensées dont 6 espèces menacées, 4 vulnérables et 53 susceptibles d’être désignées vulnérables ou menacées.

Les zones de contraintes naturelles

Les caractéristiques du territoire (nature des sols, dynamique des réseaux hydrographiques) combinées aux effets des phénomènes naturels peuvent être la source de dommages aux biens meubles et immeubles et parfois de danger pour la sécurité des individus. Les zones de contraintes naturelles correspondent aux plaines inondables et aux zones de risques d’érosion et de glissement de terrain.

Les zones inondables à risques élevés (0-20 ans) et faibles (20-100 ans) sont identifiées et cartographiées pour la plupart des rivières de premier niveau dans le cadre d’études municipales ou par le Centre d’expertise hydrique du Québec (Saint-Jacques, La Tortue, Du Portage, Saint-Pierre et Saint-Régis) et dans le cadre de la Convention Canada-Québec (lac Saint-Louis, rivière Châteauguay et ruisseau Saint-Jean). Ainsi, la quasi-totalité des municipalités de la MRC (sauf Mercier) gèrent ces contraintes pour la sécurité des biens et des personnes.

Principalement localisées le long des cours d’eau, dans les secteurs de fortes pentes et la plupart du temps sur des dépôts peu cohésifs, les zones de risque d’érosion et de glissement de terrain ne sont cependant pas très nombreuses sur le territoire de la MRC. Il s’agit de secteurs plus ou moins restreints, mais dont le potentiel de risque varie.