Démographie et occupation du territoire

La MRC de Roussillon connaît une importante croissance démographique depuis 1961, sa population ayant passé de 41 000 personnes à 162 187 personnes en 2011. L’augmentation de la population s’est d’abord concentrée dans le secteur ouest entre les années 1961 et 1971, particulièrement à Châteauguay où la population a presque doublé durant ces années. Par la suite, les municipalités à l’est du territoire ont connu une croissance plus marquée à partir de 1971. Entre 1996 et 2001, à elles seules les villes de Candiac, Saint-Constant, Sainte-Catherine, La Prairie et Delson se sont partagé 97 % de la croissance démographique de la MRC.

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Au cours du dernier décennal, l’arrivée massive de résidents provenant de l’extérieur du territoire a été dirigée vers les municipalités possédant des terrains vacants. La population de la MRC de Roussillon se classe en quatrième position de la région métropolitaine, derrière Montréal, Laval et Longueuil, et en deuxième position en Montérégie derrière Longueuil. Le taux de croissance (2006-2011) de la MRC (8.1 %) est supérieur à celui de la CMM (4.9 %). On prévoit une continuité de la croissance démographique dans les années à venir. La densité populationnelle varie considérablement sur le territoire entre les municipalités à caractère agricole (en moyenne 66 hab./km2) et les municipalités plus urbaines (en moyenne 1 404 hab./km2).

La MRC accueille en moyenne 1 150 nouveaux ménages par année. La taille des ménages tend à diminuer (2,6 personnes par ménages en 2011), mais demeure supérieure à la taille des ménages de la province et de la CMM. Le nombre de ménages a particulièrement cru à Candiac, Châteauguay et Mercier (plus de 10 % d’augmentation entre 2006 et 2011), alors que Saint-Mathieu (1,2 %) et Léry (0 %) présentent les augmentations les plus faibles. Les ménages sont formés principalement de couples avec enfants (34,8 %). Par ailleurs, les ménages composés d’une seule personne sont en croissance (19,7 % en 2006 et 21,5 % en 2011). On prévoit la continuité d’une croissance du nombre de ménages pour la MRC dans les années à venir.

La MRC de Roussillon se démarque par une population particulièrement jeune en comparaison à la moyenne québécoise. Malgré cela, le phénomène de vieillissement de la population du Québec se fait également sentir dans Roussillon. Les plus fortes proportions de personnes de 65 ans et plus se retrouvent à Châteauguay et à Léry.

Les échanges migratoires infraprovinciales profitent largement à la MRC de Roussillon avec un solde migratoire de 1 073 en 2014. La MRC accueille surtout des ménages qui quittent Montréal pour la périphérie. En fait, la MRC de Roussillon est la 5e région du Québec qui croît le plus par la migration en provenance des autres régions du Québec et elle maintient ce rang depuis plus de 5 ans.

Les personnes ayant un statut d’immigrant ont connu une augmentation de 42,3 % au sein de la MRC de Roussillon par rapport à 2006. Elles représentent 8,6 % de la population (12,6 % à l’échelle de la province) et les municipalités de Châteauguay, Candiac et La Prairie sont celles ayant respectivement la plus forte proportion de résidents ayant un statut d’immigrant. Une grande proportion (38,7 %) des immigrants habitant la MRC proviennent de l’Europe (surtout de la France et la Roumanie) et du continent américain (27 %), alors que 16,8 % sont originaires de l’Afrique (principalement du Maroc) et 17,4 % de l’Asie (de la Chine en prédominance).

Au niveau de l’identité autochtone, en 2011, on dénombrait 1 735 personnes avec cette identité culturelle, soit 1 % de la population totale. Ce sont les municipalités ayant des frontières communes avec la réserve amérindienne de Kahnawake qui accueillent un bon nombre de ces personnes.

Revenu des ménages et pauvreté

Au recensement de 2011, le revenu médian des ménages de la MRC de Roussillon se chiffrait à 69 942 $, ce qui est largement au-dessus du revenu médian québécois qui est de 51 842 $. Les ménages situés dans la tranche de revenus la plus élevée (100 000 $ et plus) représentent 28,6 % des ménages de la MRC, alors que cette tranche ne représente que 18,5 % des ménages québécois. La ville de Candiac présente, et de loin, le revenu médian le plus élevé des municipalités de la MRC de Roussillon soit 91 196 $ et le revenu moyen s’élève à 115 260 $. Les ménages situés dans la tranche de revenus la plus faible (moins de 20 000 $) sont, toute proportion gardée, peu nombreux, soit 9 %, comparativement à 17 % pour l’ensemble de la province. En nombre absolu, ils sont moins nombreux qu’en 2001. La proportion de ménages sous le seuil de faible revenu a augmenté, entre 2006 et 2011, passant de 9 % à 12,3 %, de même que la proportion des ménages locataires consacrant 30 % ou plus de leur revenu au loyer brut, passant de 31 % à 35 %. Le pouvoir d’achat des familles, définit ici comme le revenu médian après impôt, est de 81 140 $ pour tout type de famille confondu. De 2008 à 2012, le taux de croissance annuel moyen de ce revenu a été de 0,3 %.

Scolarisation

De façon générale, le taux de scolarisation a augmenté depuis 2006. En 2011, 19,4 % de la population de plus de 15 ans n’avait pas complété des études secondaires avec succès, ce qui représente une diminution de 3,7 points de pourcentage par rapport à 2006. Les 35 à 44 ans représentent les plus scolarisés de la MRC de Roussillon et se comparent avantageusement à ceux de la Montérégie du même groupe d’âge alors que les personnes plus âgées (55-64 ans) sont moins nombreuses à détenir des diplômes d’études postsecondaires. Les municipalités de Candiac et La Prairie présentent une proportion de personnes de plus de 15 ans ayant complété des études universitaires avec grade, beaucoup plus élevée que les autres municipalités de la MRC. Quant à elles, les municipalités rurales se distinguent par une plus forte proportion de diplômés d’une école de métiers. Il est à noter que les étudiants au niveau des études supérieures doivent se déplacer à l’extérieur de la MRC puisqu’aucun établissement de ce type n’existe sur son territoire.

Langues officielles

Les personnes utilisant une langue non officielle à la maison ont connu une impressionnante croissance, passant de 960 à 6000 personnes entre 2001 et 2011, particulièrement chez les municipalités de Candiac, Châteauguay et La Prairie. La proportion de la population parlant le français à la maison a diminué de 8 % depuis 10 ans et se concentre surtout dans les municipalités rurales (92 % de la population) alors que l’anglais est parlé par une plus forte proportion dans les municipalités de Châteauguay et de Léry. En ce qui concerne la connaissance des langues officielles en 2011, 53,2 % de la population de la MRC ont déclaré connaitre les deux langues officielles.

Parc automobile et déplacements*

En 2011, la population de la MRC Roussillon possédait 110 100 voitures, ce qui représente une augmentation de 15 % depuis 2008. Ces voitures représentent 4,5 % du parc automobile de la région de Montréal. Il y avait 1,78 voiture par logis et 0,68 voiture par personne, ce qui est supérieur à la moyenne de la région montréalaise, mais inférieur à plusieurs autres secteurs de la couronne sud de Montréal. Chez les navetteurs*, 42,6 % ont pour destination l’île de Montréal, alors que 33,6 % des déplacements se font à l’intérieur de la MRC et 15,6 % vers l’agglomération de Longueuil. Parmi les déplacements internes, 10,3 % se font en mode actif (vélo, marche) et la plupart se font à l’intérieur d’une même municipalité. Les résidents du secteur Saint-Philippe-Saint-Mathieu effectuent seulement 13,8 % des déplacements quotidiens internes à ce secteur, comparativement à 55,2 % dans le secteur Châteauguay-Léry qui, d’ailleurs, attire le plus de déplacement pour le magasinage et pour le loisir.

Selon le recensement de 2011, l’automobile est le mode principal de déplacement au travail pour 85,6 % des travailleurs habitant la MRC, alors que le transport en commun est utilisé par 11,1 % des travailleurs résidents dans la MRC, en augmentation de 2,1 points de pourcentage depuis 2006. Malgré cette augmentation, la MRC se situe bien en dessous de la moyenne du grand Montréal qui est de 22 %. Par contre, lorsque les destinations se rapprochent du centre-ville, 58,5 % de tous les déplacements en provenance de la MRC s’effectuent en transport en commun, ce qui est plus élevé que la moyenne du Grand Montréal (51,4 %).

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La part modale du transport en commun pour les déplacements à l’intérieur de la MRC est très faible, voire nul (0,2 %) et, à l’exception du retour à la maison, peu de déplacements en provenance de l’extérieur de la MRC se font en transport en commun (1,2 %). Parmi les déplacements en transport collectif produits par la MRC, les déplacements en autobus sont les plus nombreux. De plus, 33 % des déplacements en transport collectif produits par la MRC ont été en partie effectués en voiture (bimodale). D’autre part, le train représente une forte proportion des déplacements en transport en commun produits par le secteur Sainte-Catherine-Saint-Constant-Delson.

La part modale du transport actif dans les déplacements produits par la MRC est de 5,8 %. Les déplacements actifs ont diminué considérablement depuis 2008 passant de 13 619 à 11 100 (- 18,5 %). La quasi-totalité des déplacements en transport actif se fait à l’intérieur de la MRC.

*L’aspect de la mobilité est traité ici dans sa perspective humaine. On s’intéresse à l’humain qui se déplace.

* Navetteurs : Réfère à une personne qui fait un aller-retour quotidien, quel que soit le motif (incluant le travail).

État de santé

Entre 2001 et 2011, sur le territoire du Réseau Local de la Santé (RLS) Jardins Roussillon, la population de 20 ans et plus atteinte d’hypertension artérielle est passée de 18 259 à 34 025, soit une augmentation de 86 %. Celle atteinte du diabète est passée de 6 937 à 14 161, ce qui représente une augmentation de 104 %, plus élevé qu’en Montérégie (98 %) et qu’au Québec (86 %). Le CLSC de Kateri affiche un taux ajusté d’incidence du cancer pour l’ensemble des sièges (567 pour 100 000 personnes) supérieur à ceux du CLSC de Châteauguay (528) ainsi que de la Montérégie (534) et du Québec (531). Les tumeurs représentent la première cause de décès de la MRC de Roussillon et le taux de mortalité par tumeurs est significativement supérieur à celui de l’ensemble du Québec.

En ce qui a trait aux saines habitudes de vie, la proportion de fumeurs actuels, réguliers ou occasionnels est légèrement supérieure au sein du RLS Jardins-Roussillon (26,6 %) qu’en Montérégie (23,5 %).Quant à la proportion de la population pratiquant une activité physique de loisir au moins une fois par semaine en 2009, elle s’élève à 63,5 % chez les 65 ans et plus dans le RLS Jardins-Roussillon, soit un taux supérieur à celui de la Montérégie pour la même période (58,6 %). Le taux ajusté de mortalité par suicide pour 100 000 personnes, entre 2005-2009, est de 12 sur le territoire du CLSC Kateri et de 10 pour le CLSC Châteauguay, deux données inférieures à celles de Montérégie (14) et du Québec (15). Finalement, dans le RLS Jardins-Roussillon, près de la moitié de la population de plus de 18 ans a un surplus de poids, alors que 31,2 % font de l’embonpoint et 19,2 % de l’obésité. À l’exception de l’obésité, le RLS Jardins-Roussillon fait mieux que la Montérégie. Par contre, depuis 10 ans, les chiffres pour le surplus de poids et l’obésité sont en augmentation.

L’accès à un médecin de famille dans le RLS Jardins-Roussillon représente une problématique plus importante que pour l’ensemble du Québec. En effet, seulement 71 % de la population âgée de 15 ans et plus avait un médecin de famille en 2010-2011 dans le RLS Jardins-Roussillon, comparativement à 78,7 % en Montérégie et au Québec.

Indices de développement des municipalités et de milieu socio-économique

Selon le MAMOT, en 1996, 2001 et en 2006, aucune municipalité de la MRC n’a présenté un milieu dévitalisé (indice inférieur à -5) en fonction de l’indice de développement des municipalités. On remarque que Candiac, Saint-Philippe et La Prairie figurent parmi les municipalités aux indices de développement les plus élevés alors que Saint-Mathieu, Châteauguay et Saint-Isidore présentent les indices les plus faibles. La municipalité de Saint-Philippe est celle ayant connu la plus forte progression de son indice entre les périodes, passant de 3,88 en 1996 à 8,80 en 2006 et, à l’opposé, Saint-Mathieu a connu la plus forte régression, passant d’un indice de 4,40 à 1,63 de 1996 à 2006. Pour les autres municipalités, l’indice est resté stable. En ce qui a trait à l’indice de milieu socio-économique, les indices les plus faibles représentent les écoles situées dans les milieux les moins défavorisés. Pour les écoles, les moins défavorisés se trouvant à Candiac, La Prairie et Saint-Constant alors que les plus défavorisés se situent à La Prairie, Châteauguay et Saint-Mathieu.

Participation communautaire et démocratique

La MRC de Roussillon compte environ 120 organismes de niveau local et supralocal offrant des services communautaires à la population. Les publics les plus ciblés sont les 19-30 ans, les 31-65 et les 65 ans et plus. Par ailleurs, les plus jeunes publics, 0-5 ans et 6-12 ans, sont les moins ciblés spécifiquement par les organismes communautaires tout en étant desservis par les organismes famille. La vie sociale et communautaire, les femmes, le logement, la santé mentale et l’alimentation représentent des domaines d’action d’un bon nombre d’organismes. Le transport, les familles, l’immigration et les communautés culturelles demeurent les domaines ayant le moins d’organismes dédiés.

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Il est à noter également qu’on retrouve 57 entreprises d’économie sociale sur le territoire qui fonctionnent de façon démocratique grâce à la participation de leurs membres. Elles représentent 29 % de celles œuvrant dans la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent (MRC de Beauharnois-Salaberry, du Haut-Saint-Laurent, des Jardins-de-Napierville, de Roussillon et de Vaudreuil-Soulanges) alors qu’elle représente 40 % de la population de ce territoire. On les retrouve dans de multiples secteurs d’activité tels que le logement, la sécurité alimentaire, les télécommunications, le tourisme, les services juridiques, les soins de santé, les arts, etc.

Au niveau de la participation démocratique aux élections municipales, la MRC de Roussillon figure parmi les territoires ayant les plus hauts taux de participation de la CMM, soit entre 60 % et 69,8 %. On retrouve plusieurs femmes élues, soit un total de 46 femmes (39 % des postes d’élus). Des 11 municipalités de la MRC, on retrouve 5 femmes au rang de mairesse.

Sécurité alimentaire

Au niveau de la Montérégie, 5,9 % des Montérégiens* de 12 ans et plus vivants dans un ménage privé rapportent avoir vécu de l’insécurité alimentaire dans les 11 mois précédents l’enquête sur la santé des collectivités canadiennes. Par ailleurs, tant en 2011-2012 qu’en 2007-2008, la proportion observée en Montérégie est statistiquement plus faible que celle observée au Québec.

*Les données présentées sont issues de l’enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes en matière d’insécurité alimentaire et se situent uniquement à l’échelle de la Montérégie.

Sécurité publique

Le nombre de crimes toutes catégories confondus a diminué de près de 9 % sur le territoire de la MRC de Roussillon de 2012 à 2013. Toutefois, on constate que les crimes contre la personne ont augmenté de 5 % pour la même période.