Territoires d’intérêt, biens patrimoniaux et vestiges archéologiques

La MRC de Roussillon possède plusieurs sites d’intérêt patrimonial qui témoignent des racines amérindiennes et eurocanadiennes du territoire et au-delà. Au sein du Répertoire du patrimoine culturel du Québec, on retrouve 354 biens immobiliers issus du territoire de la MRC de Roussillon, dont sept d’entre eux figurent au Registre du patrimoine culturel et détiennent, par conséquent, un statut légal. On identifie l’Église Saint-Joachim à Châteauguay, la Maison Sauvageau-Sweeny à Mercier et le Site patrimonial de La Prairie, tous reconnus par le ministère de la Culture et des Communications du Québec, ainsi que l’Église de Saint-Mathieu, la Maison LePailleur, la Maison Page et le Site des Anciens-Presbytères-de-Saint-Constant, protégés par la Loi sur le patrimoine culturel à la suite d’une procédure effectuée par les municipalités qui permet d’accéder à la reconnaissance légale. Les sites archéologiques qui ne sont pas localisés dans un site patrimonial classé ou déclaré sont tout de même protégés en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Le Site patrimonial de La Prairie représente l’unique territoire ayant le plus haut niveau de protection par le Gouvernement du Québec dans la MRC de Roussillon. Près de 70 sites d’intérêt archéologique sont présents sur le territoire de la MRC, principalement à La Prairie, témoignant ainsi de la richesse historique de ce site. On retrouve aussi, au sein de plusieurs municipalités du territoire, des circuits patrimoniaux mettant en valeur les attraits patrimoniaux et historiques de leur localité.

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La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), de son côté, identifie deux territoires de la MRC comme ensembles patrimoniaux métropolitains. Tout d’abord, l’Ile St-Bernard et les abords de la rivière Châteauguay, qui se démarquent, entre autres, par la densité des bâtiments anciens, l’exceptionnelle église de Châteauguay (St-Joachim), la protection de la biodiversité de l’Ile St-Bernard et la présence d’artefacts. En second lieu, le Vieux La Prairie, qui regorge de sites archéologiques amérindiens préhistoriques, de vestiges du régime seigneurial français, d’une digue construite aux abords du fleuve St-Laurent datant du XIXe siècle et de vestiges d’une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle de tradition médiévale peut-être unique au Québec.

Les paysages d’intérêt, définis en fonction de ce que la CMM lui accorde comme valeur, sont peu nombreux au sein de la MRC. Tout d’abord, on retrouve l’unité paysagère des Montérégiennes qui se caractérisent par la plaine propice à la pratique de l’agriculture et les vues sur ces collines. Sa topographie plane et l’absence de couvert boisé permettent des ouvertures visuelles à 360 degrés avec, du côté sud, les routes régionales présentant un paysage agricole et, plus au nord, une concentration urbaine chez les municipalités riveraines du Fleuve St-Laurent. La configuration des corridors routiers et des infrastructures offrent à l’usager des vues panoramiques, où le réseau énergétique crée des coupures ou des percées visuelles. Le Fleuve St-Laurent et les rivières forment des unités paysagères distinctes. Leur influence a marqué l’organisation spatiale du territoire tout en servant parfois de moteur de développement, parfois de contraintes. Le Plan métropolitain d’aménagement et de développement de la CMM reconnaît deux routes panoramiques longeant le Fleuve St-Laurent (en mesure de se rejoindre par la réserve amérindienne de Kahnawake) et deux autoroutes (la 10 et la 30) offrant un champ visuel sur le territoire métropolitain. Il s’agit de voies d’importance au sein de la MRC offrant des portes d’entrée sur le territoire métropolitain pour les personnes en provenance des États-Unis, de la Montérégie et de l’Estrie. D’autre part, le PMAD n’identifie aucun point de vue exceptionnel métropolitain sur le territoire de la MRC de Roussillon bien qu’ils en existent de très beaux en direction de l’île de Montréal. Une préoccupation citoyenne a toutefois ressurgi, lors des consultations sur le PMAD de 2014, à l’égard de l’absence de reconnaissance de certains paysages identitaires dans la MRC de Roussillon.

Offre culturelle

La MRC de Roussillon compte sur un bassin significatif d’artistes. Deux pourcent de la population active œuvrent dans le secteur des arts, de la culture, du sport et des loisirs, pour 1030 emplois dans la MRC. Parmi eux, un bon nombre résident sur le territoire de Roussillon mais travaillent à l’extérieur. Une soixantaine d’organisations de ce secteur d’activités, dans des domaines tels que les arts de la scène, les arts visuels, les médias et les communications ou l’histoire et le patrimoine, participent à l’offre culturelle sur le territoire. Pour le citoyen, la culture est accessible dans le loisir culturel (cours et atelier), la diffusion culturelle, l’appréciation de l’histoire, du patrimoine et la muséologie et les activités littéraires. Les municipalités s’investissent beaucoup dans l’offre culturelle. Elles participent à l’offre de cours et d’ateliers et organisent de nombreuses activités. Deux municipalités (Châteauguay et Saint-Constant) et la MRC ont une politique culturelle et la municipalité de Châteauguay est reconnue en tant que diffuseur culturel. De surcroit, les bibliothèques municipales organisent de nombreuses activités culturelles.

On retrouve plusieurs sites d’attractions culturelles et touristiques sur le territoire. Le « Circuit du paysan », une initiative de la Vallée-du-Haut-St-Laurent, met en valeur de nombreux points d’arrêt offrant un produit ou un service authentique touristique et agrotouristique basé sur une tradition, un savoir-faire ou sur l’histoire de la région. La MRC reconnaît quatre pôles récréotouristiques d’intérêt régional, soit l’Île Saint-Bernard, le Récré-O-Parc, Exporail (le Musée ferroviaire canadien), et le Vieux-La Prairie. D’autres sites sont également répertoriés sur le territoire, soit des musées, des salles de spectacles et des salles d’exposition.

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